HISTORIQUE

L’histoire de l’autobus à travers son association

On prend le présent pour acquis
quand on ignore le passé

On sait que le premier système de transport en commun a pris son essor à Montréal avec huit véhicules et 14 chevaux le 18 mai 1861.

On sait que le premier tramway électrique a remplacé les voitures hippomobiles le 21 septembre
1892. On sait que le premier véhicule dans lequel le voyageur devait payer en entrant fut le tramway « 890 » à Montréal le 4 mai 1905.

On sait que les deux premiers autobus de Montréal sont apparus sur la rue Bridge en 1919. Mais on ne sait pas qui a inventé l’autobus. Ce moyen de transport en commun s’est développé au tournant du XXe siècle lorsque les premiers camions ont servi à transporter des personnes.

Ce que l’on sait par contre, c’est que suite à la multiplication des services d’autobus dans la province de Québec, le gouvernement du Québec décida de créer, au printemps de 1926, une « Commission des services publics. » Celle-ci avait comme responsabilité de  régir l’offre de service de transport par autobus, régulariser la concurrence et garantir à la population que les services offerts étaient adéquats. Cette organisation est l’ancêtre de l’actuelle Commission des transports du Québec (CTQ) agissant encore avec des objectifs comparables.

La soixantaine de propriétaires d’autobus du Québec réalisèrent alors qu’ils avaient intérêt à se réunir; 27 transporteurs acceptèrent donc de payer une cotisation de 5$ pour fonder «  l’Association des propriétaires d’autobus du district de Québec ».

Mais puisqu’il était difficile de faire la différence entre un autobus et un camion, l’Association changea de nom le 17 juin 1930 pour devenir « L’Association des propriétaires d’autobus et de camions du district de Québec ». Les propriétaires de camions demandèrent de se retirer quelques mois plus tard et, le 16 décembre 1931, l’organisme regroupa uniquement des entreprises de transport de personnes.

En 1940, l’Association obtint la permission de faire circuler certains autobus sur le pont de Québec, qui ne servait jusque-là qu’au passage des trains. On aménagea donc une voie carrossable, en enlevant une des deux voies de chemin de fer. Trois propriétaires d’autobus de la Rive-Sud de Québec utilisèrent le pont pour transporter leurs voyageurs à Québec : Arsène Nicol de Manseau, Albert Daigle de Deschaillons et Napoléon Fontaine de Saint-Damien.

La guerre venait de débuter en Europe et les restrictions mises en place étaient incroyables.
Tout l’effort industriel était concentré sur la production militaire, particulièrement au chapitre du transport. L’essence était rare, les pneus étaient introuvables, les chemins étaient à peine carrossables dès que l’on sortait des grandes villes.

Les autobus n’avaient pas 30 pieds (10 mètres) de long et il leur était interdit de circuler plus rapidement que 40 milles à l’heure (70 km/h).

En 1944, ce fut 60 % de toute l’industrie, c’est-à-dire 60 membres réunissant 492 autobus qui s’impliquèrent dans l’Association. Quelques mois plus tard, au début de 1945, l’Association fit des pressions pour obtenir la permission d’utiliser des autobus de 33 à 35 pieds de longueur, mais la vitesse maximale des véhicules demeura fixée à 40 milles à l’heure.

Entre-temps, certains membres de l’Association modifiaient leurs véhicules en autoneige. Il faut considérer qu’à l’époque, très peu de routes étaient déneigées et que les propriétaires d’autobus continuaient à assurer leurs services avec ces autoneiges. M. Brissette, propriétaire d’autobus situé à Berthierville, M. Eugène Deshaies, à Deschaillons, M. Eugène Prévost, de Sainte-Claire de Bellechasse étaient, parmi d’autres, des constructeurs de ce type de véhicules.

Ces visionnaires perçus comme les « patenteux » du village ont contribué grandement au développement de l’autobus au Québec.

En 1961, la loi permit l’usage d’autobus de 40 pieds de long par 102 pouces de large et augmenta la vitesse maximum à 60 milles à l’heure (100 km/h). En 1964, le conseil d’administration de l’APAQ demanda au ministre d’autoriser la vitesse maximum de 70 milles à l’heure (116 km/h) sur la nouvelle autoroute transcanadienne, comme c’était déjà permis pour les automobiles. C’était la fin du régime de limite de vitesse distincte entre les véhicules lourds et les automobiles.

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