HISTORIQUE

L’évolution du transport interurbain sur près de cent ans

Lors de sa fondation en 1926, l’Association était composée, en grande partie, de transporteurs interurbains. Ce qui nous paraît si facilement accessible par route aujourd’hui relevait de l’expédition à cette époque. Le réseau routier était inexistant ou presque et l’autobus représentait un moyen de transport sûr pour se rendre de Québec à Charlesbourg ou dans la région de Bellechasse.

Déjà dans les années 50, on pense commercialisation du mode de transport par la diffusion d’un « pamphlet montrant les plus beaux endroits de la province » et par la production d’un film commercial sur l’autobus. On pouvait louer ce film aux propriétaires d’autobus et le diffuser dans les salles de cinéma. Cette démarche de relations publiques visait à maintenir la part du marché de l’autobus devant l’accroissement d’automobiles sur les routes.

La sécurité routière est une préoccupation importante au début des années soixante. L’Association est consciente des efforts à poursuivre en la matière et les transporteurs sont conviés à poursuivre leur recherche de nouvelles pratiques. En 1962, le Ministre des Transports inaugurait le service sécurité au sein de son ministère. Un officier du département visitait les propriétaires d’autobus pour les informer de la règlementation et pour leur faire réaliser l’importance d’établir des programmes de sécurité dans leur entreprise.

C’est aussi l’arrivée des commissions de transport comme celles de Québec, Laval et Rive Sud de Montréal qui ont étendu leurs services sur les territoires déjà desservis par des entreprises membres de l’APAQ. La loi qui a créé ces commissions de transport en commun assurait une juste indemnité aux entreprises privées acquises en tout ou en partie. Toutefois, l’APAQ n’adhérait pas aux principes qui guidaient l’étatisation des services de transport par autobus. On peut lire sous la plume du secrétaire, M. Paul Noreau : «  Seul l’avenir dira si c’est réellement la meilleure voie, celle qui se révèlera la moins onéreuse pour l’ensemble de la population. »

Bien que le transport scolaire ait occupé une grande part des travaux de l’association par la mise en place en 1974 du Règlement 11 qui a permis l’intégration du transport scolaire au transport urbain dans près de quarante villes du Québec, il n’en demeure pas moins que l’inquiétude est manifeste en ce qui concerne la précarité du service urbain dans de nombreuses villes desservies par les propriétaires d’autobus.

En effet, la venue des commissions de transport a faussé les règles du jeu dans ce secteur du transport, tout particulièrement dans le domaine des relations ouvrières. Ces commissions, qui bénéficient de subventions couvrant automatiquement leur déficits, ont pu accorder des taux de rémunération et des conditions de travail, dont il n’y a pas lieu de discuter l’à propos, mais qui ont tout de même créé des précédents sur lesquels les unions, à tort ou à raison, se fondent pour demander la parité de salaire ailleurs.

L’APAQ avait réitéré sa demande auprès des autorités à l’effet que la subvention de 30% accordée sur l’achat d’autobus neufs fabriqués au Québec soit aussi accordée aux services de transport en commun locaux, non étatisés, et que l’exemption de la taxe d’accise de 12% sur les pièces d’autobus soit octroyée à l’ensemble de l’industrie et non pas aux seules commissions de transport. Ce qui n’a jamais vu le jour.

Déjà au début des années 70, plusieurs services réguliers d’autobus rencontraient beaucoup de difficultés à maintenir leurs opérations : la hausse des frais d’exploitation, un achalandage restreint, l’augmentation du nombre d’automobiles sur le réseau routier n’aidaient pas les entreprises qui rencontraient de plus en plus de difficultés financières. C’était le début de la fin des services interurbains entre les villages.

Il fallait donc diversifier les services et, en 1978, on annonça le lancement de Parbus, un nouveau service de transport et de livraison de colis par autobus sur le réseau interurbain. Ce service de messagerie se nomme maintenant Expédibus, service de livraison porte à porte, 7 jours sur 7 et qui relie plus de 500 destinations au Québec.

Petite note anecdotique, en 1974 : une ordonnance interdisait de fumer dans les cinq premières rangées de l’autocar.

 

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